Filmer un gala de danse, ce n'est pas appuyer sur "REC" et croiser les doigts. C'est une journée entière de préparation pour deux heures de spectacle. Voici à quoi ressemble une captation, du sac de matos à l'export final. 14h : Repérage de la salle Le vidéaste arrive avant la mise en place des décors. Il marche les distances, repère les accès en coulisses, identifie les angles morts, vérifie les prises électriques. Si la salle est nouvelle, il prend des photos pour documenter ses positions de caméras. 16h : Installation des trois axes La règle d'or : trois caméras minimum. Une caméra fixe centrale plein cadre (la "master"), une caméra latérale pour les diagonales, et une caméra mobile sur trépied à roulettes pour les plans serrés sur les solistes. Chacune est synchronisée par timecode pour que le montage soit propre. 17h : Le son, la vraie difficulté On pourrait croire qu'un micro suffit. En vérité, capter le son d'un gala demande deux pistes au minimum : un micro stéréo en bord de scène pour les pas et la respiration des danseurs, et une prise directe sur la régie son pour la musique. Le mixage des deux donne ce rendu "salle pleine" qu'on entend dans les bonnes captations. 19h : Tests lumière et derniers réglages Pendant les filages, le vidéaste teste l'exposition sur chaque chorégraphie. Une variation tutus blancs sur fond noir n'a pas la même balance qu'un tableau costumes hispaniques en lumière chaude. C'est ici que les vidéastes amateurs cassent leur captation : ils restent en mode "auto" et la caméra pompe pendant les changements brutaux. 20h : Action Le vidéaste ne quitte pas son écran de contrôle pendant 2h. Il bascule entre les caméras, change la mise au point, anticipe les déplacements. Un gala pro, c'est environ 1500 décisions cadrées sur 120 minutes de spectacle. J+1 à J+20 : La post-production Une fois la captation terminée, le vrai travail commence. On vous a écrit un article dédié sur les 4 étapes de production, du dérush à l'export final.