Posez la question aux vidéastes : qu'est-ce qui rate le plus souvent sur une captation de gala de danse ? Réponse quasi unanime : le son. Et c'est paradoxal, parce que le public regarde une vidéo de danse, donc on imagine que l'image prime. Voici pourquoi le son est en fait le facteur le plus déterminant. Le problème : une scène, deux mondes audio Sur la scène, vous avez la musique (qui sort des enceintes de salle, mixée par la régie). Et vous avez les bruits réels (pas des danseurs, costumes qui frottent, respirations, applaudissements du public). Ces deux mondes ne sont pas captables avec le même micro. Si vous prenez uniquement la régie : la musique est nickel, mais vous n'entendez ni les pas ni les applaudissements → le rendu sonne "clip", la salle disparaît. Si vous prenez uniquement un micro d'ambiance : la salle est là, mais la musique est lointaine, étouffée → le rendu sonne "amateur filmé au smartphone". La solution : enregistrer les deux pistes séparément Les bonnes captations utilisent 2 pistes audio enregistrées en parallèle : Piste régie : prise directe depuis la console son, signal propre, niveau constant Piste salle : micro stéréo placé en bord de scène ou en fond de parterre, capte l'ambiance Au montage, le mix dose les deux : environ 80 % régie + 20 % salle pour les chorégraphies, et inversement 30 % régie + 70 % salle pour les applaudissements/saluts. C'est ce dosage qui donne le rendu "salle pleine". Les pièges du son live Le micro qui claque : un danseur trop près du micro d'ambiance, on entend ses pas comme des coups de canon. Solution : placer le micro à 3 m minimum. Le larsen : si le micro d'ambiance capte les enceintes, ça boucle. Solution : micro directionnel pointé vers la scène, pas vers les enceintes. L'éclat de flash photo : ne touche que l'image (et l'oreille des danseurs), pas le son. La toux dans le public : impossible à filtrer parfaitement. Au montage, on baisse momentanément la piste salle si la toux est trop sonore. L'erreur classique : un seul micro à la caméra Les caméras DSLR/mirrorless ont un micro intégré et une entrée micro externe. Beaucoup de vidéastes débutants laissent le micro caméra branché. Résultat : son médiocre, sans largeur stéréo, qui ramène en avant les bruits proches de la caméra (chuchotements du public derrière, bruit du système de ventilation de la salle). Un vidéaste pro prend un micro externe (Røde NTG, Sennheiser MKH) sur perche stéréo, ou directement depuis la régie son via un câble XLR. Pour les écoles : la régie son est cruciale Si votre salle de gala a une régie son médiocre (musique qui sature, niveau instable, pistes mal montées), même le meilleur vidéaste ne pourra pas sauver le rendu. Investir dans un régisseur son pro pour la soirée (250-450 €) est souvent ce qui sépare un gala "bof" d'un gala "pro" en vidéo. Pour les écoles partenaires monGala, on peut recommander des régisseurs son fiables si vous n'en avez pas, c'est dans notre intérêt mutuel.